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Monnaie et crédit

6) Les agrégats monétaires


Dossier monnaie :

(1) Historique
(2) Forme, nature et fonctions
(3) Monnaie et actifs financiers
(4) Le système bancaire
(5) La création monétaire
(6) Les agrégats monétaires
(7) Capitaux et marchés financiers
(8) La croissance du crédit
(9) L'endettement et ses limites

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La crise de l'économie américaine (2008)

Définitions

Dans ses statistiques, la comptabilité nationale utilise la notion d'agrégat monétaire (ou masse monétaire) pour comptabiliser la monnaie et le crédit. C'est sur ces statistiques que s'appuie la Banque Centrale pour fixer les taux d'intérêts.

Il existe trois agrégats, appelés M1, M2 et M3.  M1 est inclus dans M2, lui même inclus dans M3. Voyons en premier lieu à quoi ces agrégats correspondent.


-   L'agrégat M1, regroupe le total des pièces et billets en circulation et des dépôts bancaires à vue (comptes courants). Pour la France, il se montait à 593,9 milliards d'Euros en décembre 2006 (dont 122 milliards pour les pièces et billets), et à 3677 milliards pour la zone Euro.



-   M2 est égal à M1 plus le "crédit à court terme". Le crédit à cours terme concerne principalement les comptes sur livrets, ainsi que divers dépôts à terme inférieur à 2 ans. Pour la France, il se montait à 1 074,6 milliards d'Euros en décembre 2006, et à 6630 milliards pour la zone Euro. 





 
-  M3 égale M2 plus divers placements monétaires. Essentiellement des dépôts à terme d'une durée supérieure à 2 ans, et des OPCVM monétaires. L'agrégat M3 est l'indicateur le plus large concernant le crédit bancaire, mais non pas l'ensemble du crédit dont une partie passe directement par les marchés financiers. M3 s'élevait à 1 483,3 milliards d'Euros en décembre 2006, et à 7732 milliards pour la zone Euro. 




On remarquera que les deux composants de M1 (billets et comptes courants) sont de la "monnaie liquide", immédiatement disponible comme moyen de paiement. Par contre les composants supplémentaires qui forment M2 et M3 sont du pur crédit, des actifs financiers qui servent de réserves de valeur mais ne sont pas immédiatement utilisables comme moyens de paiement.

Toutefois, ces actifs sont très facilement transformables en monnaie par leurs déposants. Il suffit d'une simple opération bancaire pour qu'ils soient virés sur les comptes courants des clients, et redeviennent alors pleinement de la monnaie. Pour cette raison, on les appelle parfois des actifs semi-liquides.  

 

Évolution des agrégats monétaires

Les chiffres sur une année, tels que donnés ci-dessus, ne permettent pas de tirer de grands enseignements sur les agrégats monétaires. Il en est différemment si l'on s'intéresse à leur évolution.

Il est logique que ces montants évoluent suivant la croissance du PIB, car plus de production implique plus de revenus et une inévitable croissance de la monnaie et de l'épargne. Le tableau ci-dessous montre l'évolution des différents agrégats monétaires pour la zone Euro, calculés en pourcentage du PIB afin de compenser ses variations.



On constate sur les dix dernières années une très forte augmentation des masses monétaires. La valeur de M1 passe de 26 % à 44 % du PIB,  M2 de 61 % à 80 %, et M3 de 71 % à 93 %. Une telle évolution n'est pas particulière à la zone Euro, mais se retrouve dans tous les pays développés.

 

Michel Lasserre
(2008)