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Dossier "Monnaie et crédit"


(1) Historique

(2) Forme, nature et fonctions

(3) Monnaie et actifs financiers

(4) Le système bancaire

(5) La création monétaire

(6) Les agrégats monétaires

(7) Capitaux et marchés financiers

(8) La croissance du crédit

(9) L'endettement et ses limites

 (8) La croissance du crédit


La monnaie et le crédit sont deux éléments indispensables à tout développement économique. Dans un système de monnaie métallique reposant sur les métaux précieux, la quantité de monnaie disponible dépendait de la quantité de métal existant. La création monétaire, et la croissance économique qui s'y associe, dépendaient alors en grande partie des possibilités d'extraction de métaux précieux. 

En 1971, le président Nixon a décroché la valeur du dollar de celle de l'or, et le crédit est devenu l'unique support de la création monétaire. Ce décrochage a entraîné une explosion de l'offre de crédit, et les banques et marchés financiers ont pris une ampleur jusque là inconnue. Il est à l'origine d'une véritable révolution monétaire et financière, dont résulte le système monétaire et financier décrit dans les fiches précédentes.


Ce système est une véritable machine à fabriquer du crédit :


  - d'une part par la création monétaire, toujours croissante.

  - et surtout par les facilités offertes aux particuliers pour placer leur épargne. Que ce soit par l'intermédiaire du système bancaire, ou par celui d'autres établissement financiers opérant directement sur les marchés.


Rappelons que l'épargne des ménages, placée dans les banques ou sur les marchés financiers, constitue l'essentiel du capital financier. Ce sont des particuliers qui possèdent les actifs financiers, soit directement, soit par l'intermédiaire de banques ou autres institutions financières. Même les fonds propres des banques appartiennent en premier lieu à leurs actionnaires.

 Le système monétaire et financier est conçu pour faciliter le crédit, et il n'y a alors rien d'anormal ou d'étonnant à ce qu'il prenne une ampleur sans limite apparente. Ampleur d'autant plus facilitée que l'épargne des ménages est soumise à une logique d'accumulation.


L'accumulation de l'épargne

 Prenons l'exemple d'un ménage qui aurait une épargne de un million d'Euros, exemple finalement assez banal puisqu'il existait 260 000 ménages millionnaires en France en 2006. Bien sûr, vu l'ampleur de la somme, il ne s'agit pas d'une simple épargne de précaution, mais de ce qu'on appelle pudiquement une "épargne patrimoniale", c'est à dire de capital financier qui rapporte du profit.

Supposons que ce million d'Euros soit placé en actifs qui rapportent 8 % d'intérêts par an, soit 80 000 Euros.

Ce ménage ayant probablement d'autres sources de revenus que ses placements financiers, il se peut très bien qu'il n'ait pas besoin de ces 80 000 Euros et en accumule la totalité à son million d'Euros, ou qu'il en dépense simplement une partie.

Mettons qu'il dépense 20 000 Euros, et qu'il en épargne 60 000.

Cette épargne nouvelle s'accumule alors à son épargne déjà placée, et le million d'Euros devient 1,060 millions d'Euros. L'épargne du ménage aura ainsi augmenté de 6 % en une année. A ce rythme, elle aura plus que doublé en une douzaine d'années.

 

C'est ce mécanisme d'accumulation qui fait que les ménages riches s'enrichissent toujours plus, et que le capital financier est soumis à une dynamique de croissance. A cause de l'intérêt, il y a toujours plus d'épargne, et son placement entraîne une inévitable croissance des actifs financiers, donc du crédit.


Seulement, si le crédit correspond à de la richesse pour une minorité de ménages, il présente une autre face qui croît en parallèle, et qui s'appelle endettement ...

(janvier 2008)

  
   
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